Ce que la CRE vient de valider

L'avis favorable rendu ce matin porte sur trois mesures structurelles qui touchent toutes les nouvelles installations photovoltaïques résidentielles et tertiaires jusqu'à 100 kWc.
- Le tarif de rachat du surplus passe de 40 €/MWh (4 c€/kWh) à 11 €/MWh (1,1 c€/kWh), soit une division par environ quatre.
- La vente en totalité est définitivement supprimée pour toutes les installations résidentielles et petites installations professionnelles concernées.
- La prime à l'investissement, qui s'élevait à 220 €/kWc pour la tranche 3 à 9 kWc en 2026, disparaît du dispositif.
39,60 € au lieu de 144 € : ce que ça donne sur une vraie installation 6 kWc

Prenons une installation résidentielle de 6 kWc, taille la plus représentative des projets actuels en pavillon individuel. Elle produit environ 7 200 kWh par an dans une région à productible moyen, dont la moitié est en pratique autoconsommée sans batterie, soit 3 600 kWh effectivement injectés sur le réseau.
Avec la grille T2 2026 actuelle, ce surplus rapporte 3 600 × 0,04 = 144 € par an. Avec la nouvelle grille validée ce matin par la CRE, ce même surplus rapportera 3 600 × 0,011 = 39,60 € par an. Soit 104 € de revenu de revente perdus chaque année par rapport à la situation actuelle.
Le verdict est sans appel sur le plan économique. Le modèle « j'installe des panneaux pour produire et revendre l'excédent à EDF afin d'amortir mon installation » est terminé. Il avait déjà été fragilisé par le passage de 10 à 4 centimes que nous évoquions dans un précédent article. Le nouveau palier à 1,1 centime achève la bascule.
Pourquoi la CRE ne tue pas le solaire, elle pousse vers l'autoconsommation

L'angle qu'il est important de comprendre. Revendre un kilowattheure 1,1 centime ce matin pour le racheter à votre fournisseur 20 centimes ce soir, lorsque vous allumez le four ou le ballon thermodynamique, n'a plus aucun sens. Le facteur entre les deux est désormais d'environ dix-huit. Chaque kilowattheure que vous consommez vous-même pendant sa production vaut donc dix-huit fois plus qu'un kilowattheure revendu.
Concrètement, cela ne tue pas la rentabilité du photovoltaïque. Cela exige seulement que l'installation soit pensée pour maximiser le taux d'autoconsommation avant la mise en service. Le dimensionnement correct (puissance crête calée sur la consommation diurne du foyer), le pilotage des charges flexibles (lave-vaisselle, ballon, recharge véhicule électrique) et l'ajout éventuel d'une batterie pour décaler une partie de la production vers le soir deviennent les trois leviers réels de rentabilité.
La suppression de la prime à l'investissement, qui versait 660 € sur cinq ans pour 3 kWc et jusqu'à 1 980 € pour 9 kWc, complique l'équation initiale. Mais elle ne change pas la logique structurelle : autoconsommer un kilowattheure à 20 centimes économisés vaut largement mieux que d'attendre une prime étalée sur cinq ans.
Trois situations, trois décisions à prendre cette semaine
Selon l'état d'avancement de votre projet, les arbitrages immédiats ne sont pas les mêmes.
- Foyer sans panneau, projet en cours avec devis signé. Vérifier auprès de votre installateur la possibilité de déposer la demande de raccordement (DCR) à Enedis avant la publication de l'arrêté au Journal officiel, ce qui sécuriserait le bénéfice de la grille tarifaire actuelle. Attention, la timeline de publication n'est pas connue et certains délais administratifs peuvent dépasser la fenêtre disponible.
- Foyer sans panneau, projet à l'étude. Repenser dès maintenant le dimensionnement avec l'autoconsommation comme critère central, pas la revente. Cela peut signifier réduire la puissance crête prévue, prévoir une batterie 5 à 10 kWh dès l'installation initiale (intégration moins coûteuse qu'en rétrofit) et programmer les charges flexibles pour qu'elles tournent en pleine production solaire. Un mauvais dimensionnement coûte plusieurs centaines d'euros par an pendant 25 ans.
- Foyer déjà équipé sous contrat OA. Aucun changement. Le contrat d'Obligation d'Achat signé à la mise en service est garanti 20 ans à son tarif d'origine, conformément à la loi. La réforme s'applique uniquement aux nouvelles installations raccordées après publication de l'arrêté.
Avant de décider, simuler son taux d'autoconsommation
Le simulateur Zonark croise vue satellite haute résolution de votre toiture, données d'ensoleillement PVGIS-SARAH2 de la Commission européenne et profil de consommation déclaré pour estimer, en deux minutes, votre taux d'autoconsommation potentiel selon plusieurs configurations (sans batterie, avec batterie 5 kWh, avec batterie 10 kWh). Dans un contexte où le surplus ne vaut quasiment plus rien, ce calcul devient le seul vrai indicateur de rentabilité.
L'annuaire Zonark recense plus de 6 700 installateurs photovoltaïques certifiés RGE QualiPV en France, filtrables par département, pour obtenir trois devis comparables avant la publication de l'arrêté au Journal officiel.
Questions fréquentes
L'avis favorable rendu par la CRE le 22 mai 2026 (délibération n°2026-92) porte sur un projet d'arrêté gouvernemental qui n'est pas encore publié au Journal officiel. La date exacte d'entrée en vigueur dépendra donc de la signature et de la publication de l'arrêté par le ministère de la Transition énergétique. Historiquement, le délai entre avis favorable de la CRE et publication au JO varie de quelques semaines à quelques mois. Toute installation dont la demande de raccordement (DCR) est déposée à Enedis avant la date de publication relève en principe de l'ancienne grille à 0,04 €/kWh, mais cette règle de transition doit être confirmée dans le texte final publié.
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